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Le blog de Persone

Discours sur la proposition de l’être déterminé lorsque son Etat semble acculé par le silence de l’indéterminable

5 Septembre 2018, 02:45am

Publié par Persone

Discours sur la proposition de l’être déterminé lorsque son Etat semble acculé par le silence de l’indéterminable
Discours sur la proposition de l’être déterminé lorsque son Etat semble acculé par le silence de l’indéterminable
Discours sur la proposition de l’être déterminé lorsque son Etat semble acculé par le silence de l’indéterminable

Extrait du Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein :

4.116 Tout ce qui peut proprement être pensé peut être exprimé. Tout ce qui se laisse exprimer se laisse exprimer clairement.

4.12 La proposition peut figurer la totalité de la réalité, mais elle ne peut figurer ce qu'elle doit avoir de commun avec la réalité pour figurer celle-ci: la forme logique.

Pour pouvoir figurer la forme logique, il faudrait que nous puissions, avec la proposition, nous placer en dehors de la logique, c'est-à-dire en dehors du monde.

4.121 La proposition ne peut figurer la forme logique, elle en est le miroir.

Ce qui se reflète dans la langue, celle-ci ne peut le figurer.

Ce qui s'exprime de soi-même dans le langage, nous ne pouvons l'exprimer en usant nous-mêmes de ce langage pour l'exprimer.

La proposition montre la forme logique de la réalité. Elle la fait apparaître.

A propos de l’auteur :

Le point de vue de Wittgenstein sur les fondements des mathématiques s’est affiné avec le temps. Jusqu’à sa rédaction du « Tractatus logico-philosophicus », il considérait la logique comme une référence solide, une fondation au-delà de laquelle nous ne pouvons aller sans aborder la voie mystique. Il pensait alors, après avoir fait un éloge « suprême » de la logique, que son traité mettrait fin à la philosophie. Mais après avoir mené une vie religieusement acétique qui exaspérait ses homologues matérialistes, positivistes, rarement nietzschéens, il fît une autocritique magistrale du « Tractatus » et de son système de pensée potentiellement influencé par les tribulations d’un jeune enfant gâté, talentueux, prodigue, juif-allemand, chrétien et homosexuel, passionnément emporté dans la tourmente de la première guerre, des batailles navales et du front ! Durant cette seconde période, le philosophe se démarqua de nouveau en élargissant son point de vue, comme l’aurait fait un brillant métaphysicien ou un de ces nouveaux (pour l’époque) philologues en quête du symbole perdu, de la boîte de pandore, de la pierre philosophale, de l’origine de l’anneau et de la formule de Dieu, dit-on vulgairement. Sa vision des mathématiques évolue aussi : loin d’en nier la pertinence et le statut de source des manifestations matérielles et des langages, il les définit selon une vision inspirée par les grandes découvertes scientifiques de l’entre deux-guerres. S’il niait qu’il restait un quelconque fait mathématique à découvrir, ou que les énoncés mathématiques fussent vrais dans la réalité indéterminable (absolue et de ce fait inatteignable), il n’en niait pas moins que la contradiction puisse être fatale à un système mathématique pertinent !    

Discours sur la proposition de l’être déterminé lorsque son Etat semble acculé par le silence de l’indéterminable :

La proposition ne pouvant figurer (représenter sous une forme qui évoque le monde perceptible) la logique, l’Homme est bien vite devenu un artiste ; naïf à ses débuts pourrait-on dire, jusqu’à ce qu’il découvre, par le ressentir, le pouvoir de l’abstraction (représentation de la réalité par des formes et des objets que l’on perçoit dans une création qui n’opère pas sur la réalité) ! Sans hasard, les premières manifestations des mathématiques, de l’art de la sémantique et de l’écriture des symboles correspondent aussi à cette époque de l’antiquité durant laquelle la naïveté s’est estompée devant la connaissance. Une œuvre d’art, n’est pas une proposition linguistique, certes, mais les mathématiques exprimées en chiffres et en lettres le sont ! Or, les mathématiques représentent la logique même sous une forme abstraite qui transcrit sans erreur possible la réalité du monde perceptible et de sa structure non perceptible.

Le voyageur mathématicien est emmené de gré ou de force au-delà du monde visible et de sa logique, en dedans aussi, passant et repassant sans cesse par les terres du milieu (la réalité perceptible) pour vérifier ses données par des travaux pratiques et pour partager ses découvertes…

Soit dit en passant un de ces voyageurs, dépossédé de sa philologie par conditionnement ou n’étant plus mû  par le cœur intelligent, devient bien vite un fabricant d’armes et un mauvais fossoyeur !

Dans une perspective plus scientifique, notre sujet de discussion nous mène aux deux théorèmes d’incomplétude de Gödel (1 : une théorie suffisante pour y démontrer les théorèmes de base de l’arithmétique est nécessairement incomplète (énoncés indécidables dans la théorie) (2 : Une théorie cohérente démontre la cohérence de son énoncé, mais pas sa propre cohérence) et au principe d’incertitude de Heisenberg (les  lois régissant l’univers sont déterminées, l’étude de la causalité reste un guide, mais au-delà d’une certaine précision, toute prédiction sur l’état et le devenir des « choses » ne peut être qu’une réalité incertaine en attente de vérification)… Le déterminisme de l’Homme savant et ses appareils de mesure, témoins approximatifs des infimes fluctuations de la matière, ne peuvent renseigner l’observateur sur son propre état et celui de la matière qu’il observe au même instant. Concernant la matière seule, il ne peut prouver sa position et sa quantité de mouvements, ne serait-ce que parce que l’instant pendant lequel il observe la particule est lui-même indéterminable « notion d’infini savamment exprimée par le paradoxe de Zénon »… Le rayonnement de la particule est encore un autre sujet !)….

La mathématique elle-même demeure incomplète… Elle réussit à figurer la logique, mais elle ne s’explique pas elle-même.

A-t-elle à le faire ? (Pardonnez la transgression volontaireJ)

Les notions de précision, d’infini et d’éternité sont liées à ce que l’on nomme communément Dieu.

Les maths sont « TOUT », mais ils sont incomplets… Le sujet n’est pas nouveau, nous y avions déjà songé dans l’antiquité, sans attendre la science moderne. Le vide, l’unité, la dualité et les trois dimensions de la matière perceptible que nous prenons du temps (quatrième dimension) à observer, questionnent nos méninges depuis des millénaires ! Mais en passant du polythéisme au monothéisme, les Hommes, parmi les plus érudits, ont admis le domaine indéterminable du 0 et le caractère déterminé des chiffres, des signes et des équations de la création (les anges « les anciens dieux » qui n’en avaient pas moins un chef, à une époque où le 0 n’était ni utilisé, ni calligraphié, considéré à tort comme le néant…) !

Un créateur et l’aboutissement de la créature : un humain 100% charnel et 100% divin en un seul et même ensemble : la manifestation matérielle de « je pense donc Je( )su(i)s… Le mystère de Ichthus et du poisson !

En comprenant cela, nous pouvons aussi concevoir pourquoi le Pape François, Jésuite de « son état », invite à une réécriture du nouveau testament, à un rapprochement des différentes religions et à une révolution spirituelle !

Mais recollons à notre sujet :

Avant la fin du premier millénaire de notre calendrier, une question s’est probablement imposée aux moines combinant l’intelligence d’Hermès et le cœur de Perceval : Si les mathématiques manquaient à l’homme, n’est-ce pas l’homme qui manque maintenant aux mathématiques ?

  • Autrement dit - « nous avons un sérieux dilemme avec le peuple juif, mais si les Kabbalistes avaient raison ? » … Si les signifiés manifestes de chaque chiffre (symboles de vide, d’unité, de dualité, de matière perceptible en 3D, de temps etc…) ainsi que leur « classement » logique dans les lettres et les mots étaient un pont sémantique permettant d’exprimer les mathématiques à travers le langage ? Une passerelle entre Dieu et l’Homme incomplet, permettant à celui-ci de prononcer le « verbe de son créateur » (accomplir sa volonté que seule la notion d’Amour nous aide à définir), mais surtout de dépasser son incomplétude tout en l’acceptant ?
  • Ou encore puisque la dualité « unitaire » humain-divin nous concerne tous (rappelons que sans distinction déterminable, dualité est complémentarité)  - « Nous avons le complexe de l’extrême Orient depuis Alexandre, mais si la réincarnation et la mémoire des prophètes  pouvaient résoudre l’exclusivité de la résurrection et les polémiques qu’elle impose ? » … Allez faire admettre aux chrétiens, aux juifs et aux musulmans qu’ils doivent tous se réconcilier en présence des bouddhistes ! Un monumental problème d’orgueil et de politique, toujours d’actualité !!!  

L’Histoire en témoigne, le rapprochement ne s’est jamais fait ! Mais les moines qui ont forgé nos lettres et nos langages ont perpétués l’œuvre des alchimistes qui les avaient précédés, comme la langue française en témoigne, bien que nous en ayons perdu la maîtrise arithmantique (sémantique + arithmétique). Cette connaissance oubliée, trois fois millénaire, ne prêtant pas offrir le royaume de Dieu au chercheur, elle fait simplement apparaître la pierre philosophale qui permet de passer de la logique à l’abstrait, en traversant sans encombre le miroir réfléchissant l’au-delà et l’en deçà. La pierre (Pi R) de Peter (Pierre) Pan (dualité), par exemple, c’est la fée Clochette. Peter Pan cache π r² ! Les adultes ne croient plus aux belles histoires, mais nous pouvons encore les accrocher (Crochet) avec des énigmes flattant leur orgueil et des histoires de pirates.

Pour conclure, des moines et des artistes (enlumineurs, écrivains, peintres, sculpteurs et bâtisseurs (…) alchimistes) nous ont laissés la maîtrise d’un art subtil et infini qui fait des chiffres (symboles), des lettres et des signes : des objets, des révélateurs et non des armes ! La peste soit de vos maisons, prophétisait Mercutio avant de rendre l’âme que Shakespeare lui prêta ! La peste soit de vos maisons, prophétise-t-il toujours, éternellement désarmé…   

Le pont sémantique que j’évoque ici ne prétend donc pas nous  faire dépasser notre incomplétude, mais au contraire en jouir, dans cet instant indéterminable, ce cadeau qu’est le présent ! Présent infinitésimal où le plus petit peut contenir le plus grand, Présent  à travers lequel nous exprimons notre libre arbitre, sans paradoxe aucun, dans un monde pourtant déterminé !

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D
Trouver et traverser ce pont sémantique n'a pas dû être une mince affaire! Merci pour ce nouvel article :)
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