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Le blog de Persone

Séparer les eaux sans noyer le poisson

14 Septembre 2020, 14:19pm

Publié par Persone

Séparer les eaux sans noyer le poisson
Séparer les eaux sans noyer le poisson

Bonjour à tous,

Ci-joint une lettre de cœur à l'attention d'un ami, mais ouverte à tous. En épilogue, vous pourrez lire un commentaire de texte initié par l'intervention d'un autre ami par la voie des réseaux sociaux...

LE BOXEUR

Quitte à me faire jeter dans la fosse aux lions, je tenais ici à répondre à mon ami Jean Louis Tauvéron, qui posait il y a peu la question : je prends ici le parti d’Israël, qui aura le courage de me suivre?… Je dois avouer ne pas avoir eu le temps de trouver à quel sujet il faisait référence, mais je connais mon boxeur et ne doute pas de sa loyauté envers l’Amour trahi qui nous unit tous. Je sais aussi qu’il connait son peuple mieux que Persone et qu’il combat aujourd’hui entre ciel et terre pour assumer les fardeaux gravés dans la chair, ce dont tout le monde ne peut pas prévaloir. Reniant la mémoire ancestrale pour l’empire des sens et de la matière, ou reprenant nos anciens testaments pour leurs comptes respectifs, les Hommes demeurent les jouets de l’orgueil des nations ; plus hypocrites que jamais ils reproduisent sans cesse le cycle fratricide d’Abel et Caïn. Abel n’étant pas l'innocent qu’on imagine dans cette métaphore biblique. La nature, la position et la vitesse de Seth, le troisième premier, demeurent une seule et même quest/ion dont la sol/ut/ion est emprisonnée par le mortier de l’hermétisme global.

Pour ma part, j’ose dire ce que je ressens, ce qui « raisonne » en moi :

Israël est une terre acquise jadis non par les armes, mais par l’idée d’alliance entre des peuples natifs désunis et un  peuple en errance, une famille cellulaire séparée de son aire de répartition initiale, susceptible de faire force de proposition. Une proposition capable d’établir un pont sémantique pertinent entre les dieux pluriels, foudre (plasma) de guerre, et un Dieu pour tous. Un accord fragile et prématuré entre le 0 sémantiquement anticipé et les chiffres, puis les nombres infinis. Les dieux deviennent ici les anges. Autrement dit, les principes et les caractères déterminés. Des contes et des légendes inachevées relataient jadis les destins croisés de l’Egypte et des deux royaumes d’Israël… Des histoires perdues, néanmoins portées par le vent et gravées dans le génome, des histoires dans lesquelles se mêlent l’empire des sens, le domaine de la lutte des intérêts et l’impitoyable victoire de l’Amour déchu. Quels secrets se cachaient déjà entre la nuit et la journée ? Probablement celui du découpage du temps et des espaces. Une connaissance, un savoir, mais aussi un anneau de pouvoir unique, susceptible d’unir les peuples ou de lier par la division, dans les lumières de l’obscurantisme. 360 degrés autour du nombril du monde, l’orgueil des nations… Le système métrique dont la dérivée sonne la décade de la décadence en grandes pompes… Les quatre quartiers d’un repère orthonormé dont la croix centrale sera un instrument de crucifixion de l’être et un outil de construction pour le paraître… Le cycle lunaire dont chaque quartier approximativement découpé sera la perpétuelle semaine des 7 jours de travail de la masse ouvrière rémunérée pour son allégeance à la grande entreprise humaine…  Des secrets toujours hermétiques et un pouvoir obscur que les descendants d’un Cham biblique ont enterré entre la tête et le cœur de l’Afrique pour conjurer le sort, laissant aux griots le soin de rétablir par la tradition orale, la lumière d’un enchantement perdu. Une parenthèse fragile, fermée par définition, qui ne supportera  pas le retour de l’Empire.         

J’affirme donc qu’Israël était jadis  une terre méritée par les patriarches qui guidaient un peuple non moins désuni que tous les nôtres. Des patriarches trahis par les leurs, dans les mêmes circonstances que l’on peut retrouver partout sur terre. Des patriarches menacés de l’intérieur comme de l’extérieur. Un Homme, une nation, un royaume, un empire, est avant tout un temple, dont le rayonnement dépend de la qualité du langage entre le dedans et le dehors. L’avalanche des évènements n’épargne aucun temple, mais la mémoire demeure.

Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre…

Israël est la terre des hébreux, tout comme une maison et son jardin appartiennent à celui qui les a aimés et épanouis. Même les animaux respectent la notion de territoire ! Cela n’empêche pas que la propriété s'apparente au du vol lorsqu’elle est mal acquise. Tout  comme la liberté devient une contrainte morbide lorsqu’elle commence là  où  s’arrête celle des autres. À ce jeu, les gardiens du temple juif se sont fourvoyés sous le joug des romains… Romains qui en ont profité en s’accaparant la parole de Jésus, un juif me semble-t-il, un juif plus intègre et plus juif que la plupart des marchands et nantis de son peuple ! Après la première destruction du temple par Nabuchodonosor, les hébreux ont été marqués par l’innommable massacre de Massada… Un parmi tant d’autres dans le monde. « Les juifs ne respectent pas leur propre serment » clame-t-on encore et toujours… Mais dans la bouche des amnésiques que nous sommes devenus, la proposition sonne creux. Isaïe n’en disait pas moins, il n’en était pas moins juif ! Mais une fois encore : que celui qui n’a jamais péché jette la  première pierre.

En somme, tel des bêtes de somme, nous SOMMES tous des marchands, nous SOMMES tous des profiteurs, nous SOMMES tous des hypocrites. Parce que soumis à un accord tacite dont nous avons oublié la signature.

Lorsque Jean-Louis pense aux assassins d’Yitzhak Rabin, il renie les marchands que nous sommes, juifs ou non ; lorsqu’il pense aux enfants palestiniens, il embrasse leur cause innocente, mais lorsqu’il pense aux enfants sans distinction identitaire, la seule cause qu’il reconnait est celle des intérêts qui arment autant les gendarmes israéliens que les terroristes qui leur résistent. Un boxeur gentilhomme ne fait  pas de différence entre tous les partenaires qu’il a affrontés sur le ring. Ce boxeur n’est pas un dieu de l’arène, c’est un esclave social trop vaillant pour accepter notre allégeance commune, et trop stigmatisé pour la conjurer. Son poing désarmé témoigne de la violence d’un monde illusoirement tempéré. L’arène, c’est l’enfer  de la comédie humaine. Massacré sur le fait, pour le plaisir  de tous, ou blessé sur le long terme, le boxeur perd enfin l’usage de ces sens qui le faisaient tant souffrir depuis l’éteignoir commun. Parfois, il devient aveugle, il sera pourtant plus voyant que nous tous. Le boxeur gentilhomme est un homme qui souffre au féminin ou une femme qui souffre au masculin, un Homme sans nom  qui mérite son titre, un enfant aimant qui ne trahit pas sa nature profonde. Un animal humain, un être digne qui paye de sa chair le  poids de tous les sacrifices et les profanations dont nous sommes tous les indolents acteurs.  

Sous le poids de nos dettes joyeuses, aujourd’hui virtuelles, chimériques et numériques, nous sacrifions tous la vie avant qu’elle ne naisse. Par allégeance, pour la fortune, pour le pain et les jeux.

Jésus n’est autre qu’un je suis… La vérité a toujours cherché un corps pour s’incarner, qu’il soit celui d’une bactérie, d’un virus, d’un animal ou d’un Homme… Peu importe le nom, Ismaël ou Isaac, peu importe la  terre et la frontière, mon Amour est pour toi mon ami, mon frère. 

C.A.B

Séparer les eaux sans noyer le poisson

EPILOGUE

Remarque pertinente:

"une famille cellulaire séparée de son aire de répartition initiale": une proposition motivée par la candeur du discours politique!

Ex/plic/at/ion:

Bien vu ! La fatigue et l’impulsion émotionnelle envers un ami ont eu raison de mon devoir de rigueur sur un tel sujet. Emporté par le beau vent, je me suis mal exprimé, voilà qui mérite précision ! Le commentaire risque de s’étendre beaucoup, je le post en plusieurs parties :

Je faisais cette remarque motivé par la similitude entre une question récurrente « comment se fait-il qu’une grande partie des visionnaires ou réformateurs les plus pertinents soient des êtres marginalisés, bien souvent exclus ou exécutés de leur vivant ? » et un phénomène reconnu en biologie « les cellules les plus à même de motiver une évolution rapide du génome sont dans la majorité des cas celles qui sont éloignées de leur aire de répartition initiale ». La proposition ne concerne évidemment pas que les hébreux et leur vécu dans le monde ancien ou moderne ! Néanmoins, les concernant, je ne parlais pas des polémiques politiques ou identitaires concernant l’Exode, Exode que le protocole archéologique remet légitimement en question. Je pensais plutôt au fait de revendiquer une identité centrée sur le monothéisme en un temps où le phénomène était considéré comme une hérésie par les égyptiens (eux-mêmes partagés entre un principe trinitaire « 3 dieux principaux variables suivant les différents nomes/circonscriptions » et la grande ennéade comprenant 9 divinités), et comme une contrainte par les adorateurs de Baal et d’Ishtar dont les caractéristiques changeaient suivant les cultures. (Les baals phalliques représentant le temps et les ishtari représentant le principe matriciel et l’hystérie utérine). Note : étymologiquement, il convient de comprendre l’évolution des termes Ishtari/hystérie/hystérèse/utérus et Baal/balls/jeu de balles/ balle en tant que munition/ ou encore boules évoquant les testicules.

Cette « spécificité judaïque » me semble-t-il, est un des facteurs principaux qui ont agi sur l’avalanche des évènements actés ou subis pas les hébreux.  Je pense aussi que motivés par la concomitance des pressions contextuelles et de leur nombre restreint, les pratiquants du Judaïsme, tout comme le furent plus tard les chrétiens ou les musulmans dans leurs premières épopées, sont comparables à ces cellules éloignées de leur aire de répartition initiale. De nombreux épisodes de l’Histoire concernant la condition juive me ramènent aussi à cette comparaison. Pour exemple : les pogromes sous l’Empire Romano-Germanique en construction, l’hypocrite tolérance qui s’en est suivie, la décision de leur confier la gestion de l’usure et d’un argent considéré comme impur, le grande sérendipité collective des Lumières en conséquence ; et sans surprise, le retour larvé de l’antisémitisme  jusqu’à la Shoah. Autant d’éléments qui me permettent de penser que les hébreux ne sont pas nés plus ingénieux ou corrompus que les autres, mais que leurs cellules familiales brillent pour le meilleur et pour le pire par simple particularisme. Une spécificité entretenue de l’intérieur comme de l’extérieur, relative une fois encore à leur petit nombre et à leur errance, qu’ils soient exclus ou fondus dans la masse. Leur unité millénariste, constante malgré tout ce qui les oppose et les différencie entre eux, est un autre facteur non négligeable.

J’insiste sur la notion de « pour le meilleur et pour le pire »! La cellule poussée par les évènements dans son trajet particulier mute rapidement par force d’adaptation, rien de positif ou négatif ici. Elle peut s’adapter de façon symbiotique et favoriser le retour à l’équilibre d’un milieu bouleversé par les masses constituant son aire de répartition initiale, dans ce cas cette cellule interagit sans conflit avec les autres souches et leur transmet son patrimoine « amélioré ». Mais elle peut aussi devenir une cellule dangereuse, invasive, voire cancéreuse, amenée à tuer ou être tuée.

Pour préciser ma pensée, je n’affirmais pas non plus que les précurseurs déclarés du monothéisme représentent une souche humaine plus digne qu’une autre. Nous cherchons tous, et la répartition du cœur intelligent en termes de nombres et de géographie est sensiblement homogène dans le temps et sur l’ensemble du globe. Ainsi que dans l’univers si j’ose dire. Autrement dit, la répartition entre les « bêtes et vilains » et les « nobles cervelles » est la même à Harvard que dans l’université en herbe du trou de Montcuq. Et s’il est vrai qu’il existe des lieux où de brèves époques qui semblent désertés par la bienséance, c’est que l’activité humaine s’est employée à cet avilissement. Autant dire que les païens vikings, celtes, gaulois, teutons ou mongols (…), n’étaient pas les barbares ou les êtres primitifs que l’école nous décrit ! Nous cherchons tous… Et c’est le langage universel, évoluant et involuant par immanence, qui est le véritable moteur d’un progrès systémique durable dans un monde plus ouvert que nous ne l’imaginons. Le choc des civilisations ne semble plus qu’un mythe qui motive les intérêts de ceux qui falsifient la mémoire et la génétique du langage.

Pour en revenir aux hébreux et au monothéisme : le double tranchant de cette spécificité leur a fait grand mal et particulièrement leur sentiment d’exclusivité. L’exclusivité tend vers le copyright et des droits de paternité vénaux ! En outre, le droit illusoire d’exclusivité face à l’éternité désarmée est un sentiment pervers dont les conséquences sont démontrées subtilement dans l’épisode d’Abel et Caïn. Un temple ou une Eglise est une maison et un jardin qui n’appartient à personne en particulier et si ceux qui les entretiennent en font leur propriété exclusive d’un point de vue générationnel, le domaine devient fermé et hermétique. C’est ce type de propriété qui s’apparente au vol et nous en connaissons les dérives. Les campagnes de conversion forcées en sont un exemple, c’est un jeu morbide que nous avons tous pratiqué, juifs, chrétiens ou musulmans(…), païens ou laïcards matérialistes. Ici, vol rime avec viol… Un i (9) fait l’indifférence… Le langage ne ment jamais et nous ne savons pas encore ce qu’est le langage

C.A.B

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