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Le blog de Persone

Avalanche morbide du principe de précaution

31 Octobre 2020, 15:31pm

Publié par Persone

Avalanche morbide du principe de précaution
Avalanche morbide du principe de précaution
Avalanche morbide du principe de précaution

Ayant profité du dernier confinement pour décrypter l’histoire d’Homo-falsus viral et la recette du confit né déconfiné, j’ai publié dans cette période de nombreux articles que l’actualité récente tend à confirmer. Une amère récompense. Laminé comme la plupart d’entre nous par l’avalanche des évènements, le sujet a fini par m’écœurer. Néanmoins, « la seconde vague » et le dernier discours présidentiel viennent de me remettre le pied à l’étrier. Dans ce nouvel article, il me semblait essentiel de développer deux points de rhétorique dans le discours d’Emmanuel Macron, deux icebergs sémantiques ayant apparemment échappé à la vigilance des commentateurs.

Premier point :

« Il n’y a pas de conflit entre les notions de protection de la vie et l’économie, une économie forte ne peut se passer de la santé publique et la santé publique ne peut se passer d’une économie forte ».

A première vue, dans les conditions de crise et de compétition économique qui caractérisent notre époque : CQFD, le président assume, quoi qu’on en dise ! C’est donc l’envers du décor qui pose ici problème, car le fait est qu’une économie engendrée par l’eugénisme d’une humanité compensant ses inégalités et ses altérités réciproques par le matérialisme, est nécessairement consumériste. En outre, depuis la révolution des lumières et la pacification des nations par le motif du profit, ce consumérisme n’est plus simplement en contradiction avec le règne du vivant et l’équilibre naturel, mais les menace sous toutes leurs formes. L’affirmation « l’économie forte n’est pas en compétition avec la santé de l’individu » est donc incomplète et relative, elle n’est justifiable que par le prisme exclusif de notre paradigme globalisé et concerne uniquement le court terme. Sous l’effet de la bonne conscience, de l’amour propre, de la démagogie et de la rhétorique, ce paradigme mondialisé nous amène à privilégier l’expérience à l’observation et les moyens artificiels aux besoins réels. Dans la pratique,  cette expérience nous aura conduits à l’Anthropocène alors qu’elle n’augmente pas plus le niveau de santé publique qu’une vie saine, de l’hygiène et une croissance limitée par l’éthique et un libre partage des informations, sans hermétisme, sans copyrights, sans mercantilisme. Pourtant, enivrés par le confort matériel, trompés par les médias et "excusés" par le mythe du choc des civilisations, les peuples consentent tous à cet « ordre » mondial. Un accord tacite consenti par des parties adverses réconciliées par intérêts. Une mauvaise alliance pour les gouverner tous !

Recouverts par les illusions du matérialisme, les inégalités et nos conflits intestinaux se creusent en silence, la compétition est devenue l’invincible condition de notre survie et notre économie elle-même est fondée sur l’exploitation de nos faiblesses. Une économie dont la croissance est indexée sur la prégnance des 7 péchés capitaux, une mécanique de révolution permanente entre les premiers et les derniers, un jeu de massacre à perpétuité pour les 7 vaches bien grasses et les 7 vaches maigres, une conjuration du salut, de la vérité et de la notion de Jubilé liée à quelques principes arithmantiques oubliés (7x7).  Une semaine de 7 jours marque dorénavant la perpétuité mécanique d’une existence vide qui tend à se remplir par la consommation frénétique de toutes les formes d’énergie qui nous entourent et nous constituent.

Notons que les inégalités alternatives et les altérités réciproques concernent  les rapports de domination et par extension les rapports entre hommes et femmes, entre parents et enfants, entre membres d’une famille, d’une communauté ou d’une culture, entre les pays d’un « bloc », entre les blocs.

Par conséquent, ce point du discours est à mettre en relation avec celui qui marque la fin de l’allocution :

«Nous devons rester unis et solidaires… Hommes et femmes liés les uns aux autres… Nous avons vécu ensemble des évènements sans précédents…  Nous devons tenir… Nous nous relèverons si nous sommes unis, nous avons besoin les uns des autres, nous sommes une nation unie et solidaire et c’est sous cette condition que nous y arriverons. »

À l’inverse de la précédente et par le truchement de la rhétorique, cette affirmation n’est pas vraie dans notre paradigme actuel, mais dans l’optique d’une réconciliation honnête et rationnelle entre les peuples, impliquant la révélation des vérités les plus hermétiques, les plus occultées. Ceci n’est pas sans rappeler la malédiction de Cassandre par le pouvoir d’un Apollon divin et à l’inverse, le jugement du Christ par les pouvoirs temporels.

Le terme nation signifie à l’origine « entité représentative  d’une progéniture, d’une engeance, d’un peuple ». Autrement dit, le terme est volontairement flou et caractérise un domaine, un empire, un règne, une semence, une famille, etc.

Le vivant forme donc une nation, tout comme les êtres marins, terriens ou aériens, comme les mammifères, comme les humains, comme les français, les allemands ou les chinois…  

Idéalement, et selon les premiers prophètes, est juif celui qui reconnaît et accepte les conditions divines. Autrement dit, la notion de nation juive dépasse nettement les considérations identitaires et culturelles. En se chargeant du fardeau de l’exclusivité, le peuple hébreu n’est plus l’exemple, mais l’élu ! Il ne représente plus la nation métaphorique de la vie attendue par l’arche d’alliance terrestre après le déluge, mais une nation particulière, conflictuelle, parmi les autres… Une nation hantée par les fantômes de Massada et perpétuellement contrainte par son petit nombre dans la mêlée, d’invoquer la ruse d’un David ou la puissance d’un Samson. En d’autres TERMES, la nation ne peut être exclusive, elle est celle des Hommes quels qu’ils soient, appelés à reconnaitre les principes qui les entourent et les constituent, appelés à vivre ensemble sous l’arche d’alliance, appelés à jouir de leurs généreuses différences, par la reconnaissance mutuelle d’un LANGAGE COMMUN manifeste, reconnaissable par la raison, sensible au cœur et propre à la nature sous toutes ses formes. Une arche qui concerne l’espèce humaine autant que toutes les autres, autant que tous les domaines, y compris l’inerte. Notons que les animaux respectent le langage de la nature bien mieux que nous autres ! Voilà ce que la bible dit dès son origine, malgré les falsifications du pouvoir temporel. Pouvoir temporel limité au seul domaine de son expérience et privilégiant les intérêts au principal, privilégiant les raisons et les sentiments particuliers au bien commun.

De nombreux destins comme ceux de Pierre de la Ramée ou Etienne Dolet, témoignent du sacrifice consenti par ces hommes et femmes qui ont tenté de révéler l’immanence du langage, ainsi que les vérités subtilement dissimulées dans le jeu des chiffres, des signes et des lettres.  Mais dorénavant, le « mal » a bel avenir et la république n’a plus besoin de se salir les mains. Car la vérité fait mauvais hôte tant qu’elle ne se prostitue pas pour tous et le langage est utilisé comme un objet parmi tant d’autres, tout cuit, tout assemblé, galvaudé et consommable à souhait, avec ou sans vaseline, sans que quiconque ne se soucie de sa nature et de sa structure.  

Moralité et logique obligent…

Sans la déconstruction du langage, sans la conjuration de l’hermétisme et l’unification des connaissances, qui seuls sont en mesure de nous libérer d’une expérience globale dont le moteur est le conflit, toute unité demeure illusoire concernant la politique intérieure et extérieure.

 

Tant que nous rechignerons à sacrifier nos habitudes mécaniques, reniant ainsi cet accord possible engageant la responsabilité de chacun, nous engendrerons les tyrans, les guerres, les virus, les remèdes cancérigènes, l’intelligence artificielle et la croissance inhumaine que l’on mérite.   

Mettant l’éthique sur le trottoir, la gouvernance et ses oppositions participent d’un même paradigme : la volonté dominante surfe indécemment sur une vague artificielle que l’on appelle progrès et l’opposition, attendant son heure de gloire, consiste en des sabotages ne faisant qu’augmenter le couple dévastateur d’une croissance dégénérée depuis sa conception. Le couple, c’est le ratio, le binôme, la dualité, la puissance… Du yin et du yang par exemple, ou de l’affirmation et de la négation. Déconstruire le langage ne consiste ni à pousser la mécanique du progrès au-delà de ses limites, ni à la détraquer en vain, mais à la réparer, tout en reprenant le contrôle de notre véhicule qui s’incarne en autant de personnalités physiques et morales.

Epilogue :

Il me semble utile de conclure cet article en évoquant la pensée platonicienne…

La fin d’un empire s’annonce lorsque la performance des élèves dépasse la sagesse des enseignants…

… Et en lui faisant écho dans un constat contemporain.

« Dans mes cours consacrés à l’ingénierie virale, j’ai l’habitude de présenter à des étudiants de Master cet exercice théorique : je leur demande d’imaginer un procédé procurant au virus VIH la capacité d’infecter n’importe quelle cellule de l’organisme (pas seulement les lymphocytes). Ces étudiants sont brillants, et la plupart sont en mesure de me proposer des méthodes efficaces, conduisant à la construction de virus chimériques potentiellement dangereux. Je donne ce cours depuis une dizaine d’années et les étudiants s’attachent exclusivement à l’efficacité de la méthode sans s’interroger une seconde sur les conséquences potentielles de leurs mises en œuvre. »  - Propos du professeur Etienne Decroly (Directeur de recherche au CNRS au laboratoire Architecture et fonctions des macromolécules biologiques, membre de la société française de virologie), lors d’une interview récente pour la presse scientifique.

CAB (Personne)

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