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Le blog de Persone

Conte de Noël. - La magie pour les nuls partie II

24 Décembre 2020, 19:51pm

Publié par Persone

Conte de Noël. - La magie pour les nuls partie II

Introduction :

En premier lieu, je réitère un vœu de fin d’année :

En cette période de solstice d’hiver et de célébration sensée nous rappeler le sacrifice de l’enfant roi, soit-il le passé du loup ou de l’agneau,  je souhaite que chaque adulte comprenne enfin que le plus petit contient le plus grand… Cela n’empêchant pas l’inverse, rassurez-vous. 

Cette pensée étant le fil conducteur de cet article de Noël.

Quelles forces ont poussé un Jésu(i)s à devenir ce qu’il était ? Un Jesus, un Barabbas, un Hérode ou un Ponce Pilate... Ou encore un lapidateur, un ricaneur, un molardeur commun ? … La détermination et les mésaventures génétiques de l’œuf ? La mémoire et les déboires de la poule et du coq ? La prédiction des rois mages ? L’ambiance de la haute et de la basse-cour ? L’omniprésence de l’Empire ? … Le procès de l’un témoigne parfois de la responsabilité de tous.

Tout cela n’est que légende oubliée de nos jours… Disons galvaudée. Pourtant, les nouvelles relectures de la tradition primordiale et des canons judéo-chrétiens, sous le prisme de la science, est en passe de secouer les maisons respectives de ces frères ennemis que sont les croyants et les laïcards les plus endurcis. Concernant l'écriture biblique, le "moldu" ministère des sciences s'est enfin autorisé à admettre que les falsifications politiques des textes, ainsi que les entorses contextuelles à la réalité historique, devaient cesser de nuire au respect de notre héritage sémantique. Un grand pas qui motive une relecture des "Saintes écritures" à l'aune des dernières découvertes ! Et une enquête historique pour laquelle science et religion travaillent en commun, en comparant les sources principales, l'héritage commun (l'observation, la logique, les mathématiques et la géométrie, tout cela caché derrière le symbolisme), et bien entendu les différentes traductions et les ajouts contextuels au cours du temps (les petites et grosses entorses de la main trop humaine et de l'autorité religieuse soumise à l'orgueil des nations).

Les légendes, les mythes ou les contes méritent la même attention tant qu'ils renferment un minimum de valeur alchimique. Ces œuvres diluent tous les ingrédients propres à une époque dans le chaudron existentiel, pour nous dévoiler les mécanismes d’Histoire, les cercles vicieux bien réels qui se trament derrière les illusions factuelles et temporelles. Souvent cryptées, les textes alchimiques s’attaquent aussi aux nombreux secrets de Polichinelle qui caractérisent notre société des masques.

Comment lit-on les contes ? Les lit-on encore ?  Si oui, que disent-ils ?

En saisit-on la gravité et pouvons-nous prétendre que nous ne sommes pas ignorants des précieuses clés qu’ils contiennent ? Si oui et devant les enjeux actuels, sommes-nous au moins capables d’expliquer à nos enfants la mémoire et les enseignements qui leur sont légués dans ces œuvres ?

Quelle histoire évoquer ce soir de Noël ? Gylgamesh, Ulysse, Noé, Jésus… Peter Pan peut-être ? A ma grande surprise, le phénomène qui collait le mieux à cette réflexion de Noël, est Harry Potter. Potter et son ennemi Voldemort  (je suis Tom Elvis Jédusor et autres anagrammes). Toujours dans un esprit de Noël, je vous suggère vivement d’entreprendre le décryptage « arithmantique » de l’œuvre de JK Rolling ! Pour être à la page? Non, pour être à hauteur du jugement que nos enfants poseront un jour sur nous, à moins qu’on ne les lobotomise définitivement. Et pour libérer les artistes de ces malédictions que sont l'hermétisme, le politiquement correct, la censure de la somme des bonnes consciences, la sécurité de la notoriété sans substance (...) ou encore l'instrumentalisation de l'art pour le contrôle des foules.  Des malédictions qui font des artistes et du spectacle en général, des catalyseurs de la banalisation du mal.

Sait-on ce qui fait la tristesse du clown ? Le génie torturé d’un artiste renommé? La gloire pathétique d’une star ? Disons-le franchement en contrariant le petit confort de nos illusions communes : le fait qu’il perde sa propre vie en étant rémunéré de la main de l’Homme dont il singe l’effroyable comédie.

 

Note : tout comme "la magie pour les nuls - partie 1", cet article est accompagné d'un lien vers un documentaire signé Arte concernant l'odyssée de l'écriture (voir en fin de page). 

 

La magie pour les nuls :

Le langage est à la fois la cause et la conséquence  du développement, le développement est la cause et la conséquence du langage. Par un phénomène que l’on nomme l’immanence. L’immanence semble un terme réservé à une certaine élite intellectuelle, il n’est guère employée dans le vocable des producteurs, des acteurs et des consommateurs lambda ! Il existe ainsi de nombreux mots, de nombreuses notions dont la valeur sémantique contraste avec leur absence dans les programmes scolaires et dans le lexique du vocabulaire commun. "L'immanence, l’ambiguïté de la transcendance, la définition du zéro, la valeur numérique des lettres et la valeur sémantique des chiffres... L'inverse et l'opposé, la sommation des termes consécutifs, la dualité et le dualisme, la signification du libre arbitre... Le déterminisme, l'incertitude, l'approximation et l'imprévisibilité... Les ordres de grandeur, les rapports du temps et de l'espace, la relativité... La séparation et l'intrication, etc, etc." Des consonnes, des voyelles, des phonèmes et des silences, ou des cercles, des points, des segments, des courbes et des espaces, lorsqu'ils sont écrits... Des équations arithmantiques à l'infini, soumises à des règles, notamment la grammaire. Autant d'objets de double nature dont on se dispute la paternité ou la maîtrise dans les hautes sphères, chez les moldus comme chez les mages. Le langage permet de découvrir le monde, d'en partager les fruits... Ou de le conquérir, moyennant une dette irrévocable.

Les mages et les élites moldus conçoivent l’objet et formulent le double langage nécessaire à sa construction théorique, à sa fabrication par les mains des moldus et à son bon usage par ces derniers. Le langage technique et le langage commun. Un certain pouvoir sur la nature et la forme des « choses ». Non ? Les mages s’enrichissent pour cela ! En outre, bien que cela fût longtemps interdit, ils ont aussi l’occasion d’ensorceler les objets des moldus grâce à quelques virus injectés dans cette matrice qu’est la programmation des systèmes d'exploitation : des sortilèges de fascination, d’addiction, de stupéfaction, d’impératif (…) ou d’obsolescence programmée pour citer un exemple très contemporain... Un petit programme qui fait de l'usine un élevage intensif de poules aux œufs d’or.

Cela dit, n'en déplaise au actionnaires du conspirationnisme, ce type de système d'exploitation est plus vieux qu'Hérode et nos élites sont bien souvent des moldus contrariés ou des magiciens qui s'ignorent.  Parmi les moldus par exemple, on trouve de talentueux savants malheureusement compartimentés de façon à ce que chacun n’ait plus accès qu’aux connaissances liées à sa discipline. Ils sont de respectés « contremages » (entendre contremaîtres) et instruisent les directeurs techniques des chaînes de production de l’objet. Et parmi les mages, disons ceux qui ne s'ignorent pas, on comptent les autorités religieuses, les ordres maçonniques et leurs dérivés, les spiritualistes, les alchimistes, les gardiens des clés de l'arithmancie, les protecteurs et bâtisseurs du pont entre la raison, les sentiments et la foi, etc. Et OUI, un mage peut embrasser les positions de la laïcité et le génie scientifique. Un mage n'est pas nécessairement rattaché à une quelconque autorité religieuse, ni un vieil alchimiste obnubilé par ses grimoires et ses potions, ni un obscur conservateur s'adonnant exclusivement aux anciennes pratiques. Les mages, comme les moldus, un rien les unit et tout les oppose ! Certains accumulent pouvoir et fortune par bassesse ordinaire, d'autres sont en guenille et mériteraient l'habit de roi, certains s'attachent à bâtir une démocratie, d'autres à détruire l'édifice. Il y a de rares mages qui font honneur à la profession, pour le meilleur et pour le pire, et des cohortes de mages qui lui font honte... Confusément vôtre ! Néanmoins, nous sommes loin, très loin des illuminati et autre reptiliens satanistes ou mages noirs qui complotent à l'unisson pour gouverner le monde.

Que font le ministère de la magie et des Moldus face à la masse ingouvernable ? La masse, ce sont les mains, bonnes à tout. Néanmoins, pas à tenir une baguette, un bâton et encore moins une épée, pour peu qu’on sache ce qu’est une épée.  Les armes modernes n’échappent pas à cette subtilité du langage qui relie l'ordinaire et l'extraordinaire : qu’est-ce qu’une balle ? Un petit objet véloce, pourvoyeur de mort ? Un jeu de gagnant/perdant ? Un ballon rond ? Ovale ? Petit ou grand ? Un point ? Avec un T ou un G (*1 - voir note de bas de page) ? Ouvert ou fermé ? Une balle puissante ? Un octet ? Un électron que l’on bombarde sur un noyau ?

Pour comble de la comédie humaine, chez les moldus on craint plus que tout que nos enfants soient des magiciens ! Quel honte pour la famille et quel danger pour eux et l’entourage ! La religion, le New-Age, la spiritualité passe encore, tout cela n'est pas vraiment sérieux, mais demeure conforme à la loi et propage des préceptes POSITIFS, mais la magie pas question ! C'est une illusion dangereuse qui n’existe que dans nos rêves d'enfants ! L’affaire est faite, on tue l’œuf dans la poule. Chez les moldus, le langage est un outil de tous les jours, une substance prête à consommer, après un gavage néanmoins invasif sur les bancs de l’éteignoir scolaire. Une douce violence dit-on de nos jours « tu ne vas pas refaire le monde, profite, on n’a pas tous les jours 20 ans… »

Immanence donc, et indicibles, cachées, hermétiques révélations du langage sous toutes ses formes, au cœur des interactions et au-delà… Loin de moi l’idée de vous gâcher le plaisir de découvrir par vous-même le sens et les applications infinies de ce principe qui répond au grand complexe motivé par l’œuf qui fait la poule qui fait l’œuf qui fait la poule qui fait l’œuf (…) autrement dit, des débuts et des fins sans début ni sans fin.

Mage/moldu, deux semblables si différents :

L’Homme commun ne connaît pas le langage, il se contente de l'utiliser et la définition qu'il en retient demeure très grossière. C'est à peine s'il sait ce qu'il mange, tout fanatique de régime et de diététique qu'il devient ! Comment pourrait-il se connaître lui-même ? Comment pourrait-il maîtriser son ingénierie extérieure et intérieure, tout soumis qu’il est aux maux de l’ordre et de la morale établi€s ?

Les apprentis magiciens ont quant à eux instrumentalisé le langage ce qui leur a longtemps donné une longueur d'avance sur les moldus. A l'échelle planétaire, armés de verbe, de la grammaire, de la puissance du feu et du Livre, la férocité blanche et sa magie ont colonisé le monde. La conquête de l'autre et de la nature sous toutes ses formes, par le viol de l'esprit, de la chair et de la particule. Soumis à l'Empire, respectés bâtisseurs de toutes les Babel du monde, les adorateurs de la matière et les apprentis sorciers ont instrumentalisé le langage de la vie et de la mort, avant d’entendre ce qu’il révèle de lui même. Comment donc pourraient-ils mériter autre chose que la désolation proportionnelle à un pouvoir mal acquis ? Causalité oblige, magie ou pas. Une expérience qui dérape et détermine la consumation du monde au fur et à mesure que les moyens pervertissent la simplicité des besoins. Comment les apprentis sorciers que nous sommes pourraient-ils se souvenir qu’ils sont depuis toujours l’auteur du crime dont ils font le serment de débarrasser la cité ? Notons que la plupart des politiciens modernes sont de purs moldus et ne cherchent plus à résoudre quoi que ce soit d’aussi mystérieux, d’aussi honteusement intime.  Les derniers mages s’éteignent peu à peu, rongés par leurs terribles secrets. Certains fantasment encore sur la victoire du sang pur et ragent des faveurs que les mages humanistes ont consenti aux moldus, dans la vague de sérendipité de la révolution industrielle. Ces malheureux mangemorts, s'imaginant les premiers nés parmi les magiciens, n’ont jamais compris le métissage comme une nécessité de l’évolution sexuée. Et les humanistes, n’ont jamais assumé le baby boum des moldus, ni le consumérisme qu’engendrerait la culture intensive de l’esclave social par la globalisation du consentement. Une crise démographique qui n'attendait que l'ère industrielle pour poser la question de l’Anthropocène. Parmi les autres mages, les humanistes donc, on compte de vieux gardiens jugés séniles (les utopistes écolos de Poufsouffle selon la philologue JK. Rolling. Honnêteté, partage, droiture), et d’autres, plus influents, qui cherchent encore le « Graal », les signes et les symboles perdus depuis le dérapage de l’expérience Babel (les Serdaigle « ravenclaw » et les Gryffondor) … En vain. Or c'est un fait, les mangemorts sont de retour. Et selon un autre philologue nommé Tolkien, la grande guerre de l’anneau, dans le dernier chapitre de son nouvel opus (la modernité), a déjà commencé. Les signes de la fin d’un temps s’annoncent sous le signe des catastrophes et des sacrifices. On le ressent dans l’eau, dans la terre, dans l’air… Et dans la chair, contrariée plus que jamais par le feu nucléaire qui l’anime. Le feu nucléaire et le sang de la terre au service de l’orgueil des nations que nous construisons de toutes pièces sans nous soucier du Service Après-Vente… Un temps propice pour qu'Hamlet se révèle enfin en chacun de nous ! Hamlet, Perceval, Peter Pan, Frodo, Harry et autres Jesu(i)s... Qui entre deux mondes, entre rêve et réalité, ne font qu'un avec les autres personnages de leurs histoires respectives : Voldemort en lien direct, mais aussi Dumbledor, Rogue, Hermione, Ron etc, concernant l’œuvre de JK Rolling.

Difficile pour le traqueur d’admettre qu’il est le traqué. Difficile pour le traqué d’admettre qu’il est le traqueur.  C’est pourtant le rendez-vous qu’il faut atteindre pour rétablir le langage entre maître et esclave et mériter la porte du sanctuaire.

En quelque sorte, une des vocations de cet article de Noël est au langage en général ce que ce documentaire d'Arte est à l’écriture. Trêve de fêtes de fin d’année, je n’entrerai pas ici dans les détails techniques d'un accord commun par la déconstruction du langage… Je ne vous inviterais pas dans la cuisine du mal en chef, pauvre diable, ni dans les forges aux chiffres, aux lettres et aux artefacts, par lesquelles l’innommable*2 a réveillé le feu sombre et forgé l’anneau unique, par la falsification des données, par l’instrumentalisation des connaissances et des talents.

Juste, laissez-vous porter par ce compte de Noël vulgarisé, pour passer dans l’amour ce nouveau solstice d’hiver… Dans les ténèbres renait toujours une brillance, une lueur d'espoir pour l'être. Tout ce qui tend vers l'absolu ne finit-il pas par se contredire ? N'en déplaise aux nihilistes, aux fatalistes, aux catastrophistes, ou aux fous du Christ et de l'Antéchrist, le langage de la nature dispose pour ceux qui le méritent d'une formule propre à réconcilier la famille nucléaire dans le respect de la substance qui l'entoure et la constitue. Un pont entre la physique et la métaphysique; une clé sémantique susceptible de désamorcer la bombe chargée de nos conflits religieux, de nos complexes identitaires et de la compétition économique qui en découle. Et un vaccin naturel contre la démagogie et la dégénérescence de l'ego ! Un sortilège qui annule tous les autres sortilèges, si puissants paraissent-ils.

Déconstruire et réparer !

Joyeux Noël aux enfants, et à chacun d’entre nous, maître ou esclave, privilégié ou oublié, vainqueur ou perdant, je souhaite de mériter enfin tout le bonheur du monde.

  

Note de bas de page :

*1   G ou Gamma dont le symbole est toujours utilisé dans de nombreuses applications de la science : il évoque le point relatif et le rayonnement. T ou Tau, cette dernière lettre grecque étant la réduction phonétique de la lettre zêta. Le caractère T (ou Tau) évoque le facteur temps. Main qui s'ouvre ou se referme en poing, masse en expansion ou en contraction, point de départ et point d’arrivée… Des instants T qui nous échappent et une éternité  non figurable qui donne le vertige. Admettons que le présent soit un cadeau dont le passé contracté ne tient qu’à la mémoire et dont le futur relativement déterminé se disperse de façon relativement imprévisible. Un passeur qui s'écrit et s'efface, un présent inestimable qui a tant de goût, et un généreux mystère ! 

*2    Innommable : Je ne sais qui, pour assouvir il ne savait quoi peu importe comment ! Personne et tout le monde à la fois. Sauron, Voldemort, Dracula le prince de la nuit, le faiseur de chimères, le dresseur de Léviathan (…) L’orgueil des nations, qui n’attend plus qu’un nom pour envahir le peu que le règne du néant nous épargne encore. Notons un paradoxe de notre temps : malgré le matérialisme et les croyances qui nous poussent aux déterminismes les plus absolus "la causalité ou la toute puissance de Dieu fait TOUT et TOUT est écrit", force est de constater notre frayeur du NÉGATIF altère notre logique : "Ne nommons pas le mal, la maladie, l'infortune, la pauvreté, la colère, les mauvaises choses, car par la loi de l'attraction, cela les fera arriver! " ... Étrange loi non, pour un monde déterminé dans lequel aucun changement n'est de notre fait ! La théorie de l'attraction n'est pas dénuée de pertinence, mais elle ne s'applique pas dans tous les cas de confrontation aux maux et ne devrait pas servir de prétexte à notre bonne conscience ! Et force de cette bienpensance, la vérité est de plus en plus dégueulasse et mérite néanmoins d'être dite.

N'ayons plus peur de prononcer les noms de vous savez quoi et qui, sinon la soupe du positivisme nous mangera avant qu'on ne l'ai dégustée !   

Désolé, il semble que la vidéo ait été supprimée de Utube pour privatisation des droits, depuis la sortie du documentaire dans le business DVD and Co. A trouver par vos soins :)

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