Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Persone

Nouvel ordre mondial et Chronique de la mondialisation - Partie1 -

11 Juin 2010, 18:11pm

Publié par Persone

Petite méditation à propos de la conférence de presse du Général De Gaulle le 27 novembre 1967. Thème : La politique extérieure, la guerre israélo-arabe et l’impérialisme états-unien. Vous trouverez ce discours facilement sur Dailymotion, par exemple, avec le bénéfice du son et des images de l’époque !

 

La couleur rouge, nous y sommes habitués, elle est celle du sang, celle de l’extrême, à gauche ou à droite ! Mais aujourd’hui, nous lui préférons la teinte plus diluée des révolutions oranges, qui rappellent le coucher du soleil ; et nous aimons particulièrement la couleur de nos casques bleus, nous, qui somment à l’abri, protégés par nos soldats et la démocratie…

Malheureusement, outre le fait de nourrir notre folie des grandeurs, l'expansionnisme est une mécanique de fuite en avant et celui, sauvage, que nous continuons de pratiquer a trop longtemps camouflé les utopies de nos systèmes collectifs. Le monstre industriel et économique que nous avons créé s’est donné les moyens de fournir le pain, le rêve et plus récemment les fantasmes nécessaires à l’émulation de sa masse ouvrière: nous. Mais ce prodige repose toujours sur l’exploitation destructrice de la terre, de ses peuples et de la nature humaine.

Dans ce contexte, toute république, dont les garants ne dépasseraient pas le stade de politiques fondées sur l’ignorance et l’exploitation maîtrisée des masses, restera un caméléon consumériste qui s’est fait beaucoup d’ennemis dans la jungle… prions pour que les casques bleus ne deviennent pas des casques noirs !

 

Comme vous aurez pu le constater, nombre de mes textes attirent votre attention sur les conséquences des dogmes et de l’ordre établi par l’élitisme des hommes de pouvoir selon leurs croyances et leur maîtrise de l’art de la spéculation. Entendons par conséquences la réalité des traumas psychologiques de l’individu et des peuples et l'absurdité hypocrite d'une mondialisation économique par défaut. 

Comment l’homme pourrait-il se libérer de lui-même et de sa servitude ? Comment concevoir un avenir collectif plus décent pour des milliards d’individus, sans démystifier une bonne fois pour toutes les jeux de croyance et de pouvoir qui nous maintiennent dans l’ignorance depuis des millénaires ? Des millénaires ça parait énorme, voilà qui nous incite à penser que notre folie relève de la fatalité! Pourtant comparée à l’histoire de notre terre et donc à la vraie nature des choses, notre petite comédie humaine n’est qu’une supercherie éphémère…

 

Pour leurs viriles raisons, leurs sanglantes méthodes et leurs maudits profits, je condamne toutes nos formes d’expansionnisme, anciennes ou actuelles…

J'appelle à la barre notre orgueil et le patriarcat qui conditionne son amour propre depuis quelques millénaires d'évolution puérile et infanticide!

 

Depuis toujours, l'expansionnisme exprime une ambition ravageuse et masque les faiblesses d’une politique intérieure, cela vaut autant pour l’homme que pour la société, autant pour l’individu que pour le collectif ! Et si autrefois il stimulait le phallus laboureur du barbare, aujourd’hui il soulage les noisettes flétries des muscadins de la bourse ! Une meute de machines à fric qui ne se contentent pas de jouer avec l’équilibre naturel mais qui le manipulent de façon perverse et dangereuse !

 Voilà donc une des raisons majeures, qui me pousse encore et toujours à démystifier les supercheries des jeux de pouvoir, en insistant particulièrement  sur l’histoire, la philosophie et la finalité des motivations géostratégiques de nos énarques ! Je parle au sens large de toutes ces grandes familles de la finance et du pouvoir, de leurs écoles de futurs privilégiés (ou hommes de paille) et des misérables opportunistes qui banalisent un système oligarchique moderne qui n’a rien à envier au système féodal !!!  

Qu’ils soient motivés par les anciens rites païens, par le culte monothéiste ou par la tendance New Age, qu’ils soient du côté de l’église, du côté de la fratrie des lumières, ou des deux côtés à la fois, et quel que soit leur discours communiste, capitaliste, socialiste, fasciste, ou intégriste… Les hommes de pouvoir dont je vous parle sont tous capables d’enterrer leurs apparentes guerres de conviction pour se réunir autour d’une bonne table et d’une bonne bouteille (les fondamentalistes faisant bande à part) pour discuter de leur grand point commun : la façon de gouverner tous ces irrécupérables que nous sommes, en se partageant les bénéfices de notre mise en concurrence!

Aujourd’hui, nos élites les plus en vogue s’accordent tous sur une régulation du capitalisme en citant du Keynes et du Marx à tout va! Et vous verrez que demain, bredouilles mais décomplexés de la honte des subprimes, ils chanteront les louanges de Smith et de Hayek... Mais la démocratie et le suffrage universel restent toujours biaisés par la culture de l’ignorance et de la faiblesse des masses ! La finance et les politiques construisent donc une mondialisation par défaut et force est de constater que l’épanouissement humain ne fait pas partie de leurs plans !

Nicolas Sarkozy fut le premier à articuler publiquement et sans complexe le nom choisi pour la mondialisation : « Le nouvel ordre mondial » !

 A chacun son mein Kampf à usage personnel, pour les conventions collectives, le grand marché s’occupe de tout !

 

Pourquoi choisir un discours de De Gaulle pour conclure mes propos ?

 

Premièrement parce que l’excellence et la clarté de l’allocution vous rappelleront que les politiciens n’ont pas toujours été aussi grossiers et pitoyables qu’aujourd’hui ! 

Dire que je porte De Gaulle dans mon cœur serait un énorme mensonge, comment apprécierais-je un homme qui affirmait : « L’Algérie nous coûte plus cher qu’elle ne nous rapporte (…) La décolonisation est notre intérêt et par conséquent notre politique » ? Un pragmatisme dont tout homme des pays développés devrait avoir honte, au regard du cercle vicieux qui nous a conduit de l’esclavagisme à la colonisation et des techniques d'industrialisation forcée à l’appât du lobbying! Sans parler du business des armes! Un pragmatisme qui ne fait qu’augmenter l’insulte faite au Algériens, quand on sait que cent trente et un an plus tôt, Charles X, incarnant la faiblesse et l’immoralité maligne des pays dits civilisés, déclarait : « Pour prendre Alger, je n’ai consulté que la dignité de la France ; pour la garder ou la rendre, je ne consulterais que son intérêt. »

De Gaulle lui aussi faisait partie de ces sapiens blancs en costume du dimanche, lui aussi était ébloui par les lumières de nos modernes certitudes et par l’apparente grandeur des civilisations bâtisseuses, dont tous les pères et ancêtres fondateurs n’étaient malgré tout que des hommes suffisamment prétentieux pour faire de leurs idéologies des modèles universels ou, au mieux, des modèles collectifs imposés par la force et l’expansionnisme.

Mais comme chacun le garde en mémoire, il était aussi un homme visionnaire - Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois! Un homme au charisme rassurant, un franc Gaulois dont la prestance lui permit de guérir, à travers la 5ème république, les dangereuses querelles entre les conservateurs et les libéraux, querelles datant de la révolution ! Ça, on a bien aimé!

Et c'est un autre atout du Général qu'il m'intéresse de développer ici: Son anticipation de l’hégémonisme états-unien et de la politique anglo-saxonne.  Sur la trame de la situation en Palestine, le président français prononce, en 1967, cette conférence de presse des plus intéressantes qu’on la laisse dans son contexte historique ou qu’on la place face à notre actualité. Un discours opportun et sans risque pour l’homme en fin de carrière  certes, mais aussi une allocution d’une clarté exemplaire qui fait honte à tous les politicard de la nouvelle école !

Je vous invite donc à vous glisser derrière la caméra de cette conférence de presse et à vous replonger dans le contexte d’après-guerre…

Un tableau bien complexe sur lequel un certain Hitler, une vingtaine d’années plus tôt, avait rajouté une touche de rouge et un brin de terreur ! Un tableau doté d’une nouvelle trame de fond pour l’époque : l’Ouest (le système anglo-saxon et la vieille Europe), l’Est (la Russie et la nouvelle Asie en gestation) et au milieu…ces foutus Arabes avec leurs puits de pétrole !

 

Bon visionnage !

 

 

 

 

 

Chers lecteurs, je vous invite à méditer sur cette séquence, avant de découvrir la seconde partie de cette chronique de la mondialisation moderne.

Ce prochain article vous présentera le fameux contexte historique, de la chute du féodalisme jusqu’à « l’oligarchisme » tout puissant, en passant bien-entendu par le grand retour de la république et les 1000 et une recettes de la démocratie républicaine, dont le caractère indigeste annonce de façon inquiétante la culture d’un nouveau millénarisme.

Les racines obscures de la droite et les nombreux visages de la gauche (pour employer des termes français) symbolisent les nouvelles variantes de cette cuisine occidentaliste...

le jeu du pouvoir devient une école, celui des croyances et des idéologies devient un laboratoire social où les grenouilles de bénitier et les singes maçons nagent dans les mêmes tubes à essai...

Les chefs de partis caressent tous la corne d’abondance formée par le capital et le système bancaire, et des maîtres sauciers arrivent à lier le socialisme avec le totalitarisme et l’ultra capitalisme (…)

En 6000 ans la vanité et l’appétit des chefs des grands empires n’ont pas changé, bien que leurs certitudes se réduisent à de vaines spéculations et leur pouvoir à la défense d'une hypocrisie qui ne bénéficie plus des excuses de l'Histoire !

Le conditionnement et l’ignorance des masses sont toujours de mise, l’industrie du matérialisme dispose de tous les moyens pour camoufler les mensonges politiques et aujourd’hui les hommes, malades, dépendent du paradis artificiel de la consommation, un paradis qui détruit les derniers liens directs qu’il avait avec la nature, un enfer collectif qui ne sert plus l’individu et encore moins sa liberté. »

Commenter cet article