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Le blog de Persone

Insecurité et délinquance en période d'élection...

2 Avril 2010, 22:31pm

Publié par Persone

 

 

A propos de la justice, des médias et du foin pour les boeufs

 

 

 

Voici un des nombreux textes de mon premier livre "Lettre à M. Toulmonde", un article concernant un sujet d’actualité vieux de 3 ans, mais qui pourrait en avoir 10, 20, 1000, ou dater d'aujourd'hui :

En ce jour incertain de l’année 2007, je profite d’une nouvelle polémique médiatique sur les décisions Sarko-présidentielles, pour remplir cette page. Je tente une fois encore de souligner à quel point le jeu du pouvoir politico-médiatique s’évertue à attirer votre attention sur la douleur et les premiers soins apportés à nos maux, tout en vous cachant la réalité d’une infection, ou tout du moins son origine.

Le motif de la polémique : la délinquance… toujours la délinquance…

Et les fameuses décisions qui font couler autant d’encre qu’elles ne brassent de vent :

L’uniformisation des peines carcérales des récidivistes relevées au plancher maximum et l’absence de grâce présidentielle.

Je ne vous encombrerai pas des polémiques historiquement et politiquement admises sur la question, je sais qu’elles ont déjà envahi vos bouches et vos oreilles, infesté vos journaux, vos écrans et vos salons de coiffure… Et même les murs le long desquels vous serpentez pour aller de l’habitude au devoir et du devoir à l’habitude ! Les valeurs de la république, la démocratie menacée, l’intégration, la loi et la sanction…

En revanche, toutes ces réactions populaires et politiques autour du sujet de la délinquance et de la justice ne prouvent qu’une chose : le sujet est brûlant, personne n’imagine les conséquence de la mondialisation compétitive et des conditions de brassages de population qu’elle nous impose et la population occidentale se partage entre la peur et le désespoir de cause.

Ce que les médias omettent de dire:

Le problème du crime, de la justice et des prisons a bien moins évolué en cinquante ans que la qualité du papier avec lequel nous-nous torchons le sphincter externe et que les techniques de cascades et de « flingage » qui envahissent les petits et les grands écrans, pour le plaisir de tous !

Heureusement notre Little big man nationnal... Sir Nicolas « Lafayette »... a pris le contrôle de la situation audiovisuelle!!! Il va nous sauver du mal en nettoyant TF1 au kärcher kasher pas cher! Il va stopper le train du show-bizz en pleine fête du slip et du fling, armé de son aura légendaire et de sa bande de potes milliardaires. La belle blague!

N’oublions pas qu’un bon nombre d’égarés en culottes courtes, en particulier les immigrés et bien qu’ils soient souvent des ados, n’en sont pas moins informés de certaines énormités que le contrôle des médias ne suffit pas à cacher ! Qu’ils vivent dans une cité sordide ou qu’on les ait déplacés au cœur de la ville ou de la campagne, ils sauront toujours qu’ils sont une bande de faux méchants, paumés dans un monde économique et politique rongé par une corruption à côté de laquelle leurs propres conneries ne représentent qu’une goutte d’eau. Cependant, quelques gouttes d'eau ont souvent annoncé la chute d'un Empire. Face aux rivières de l'immigration, le problème des colons que nous étions, si libéraux et bien-pensants soyons-nous devenu, c'est l'hypocrisie sur laquelle repose nos canaux et nos barrages. Le risque de précipitations et la crue à venir sont à craindre! Nos délinquants sont une chose, les immigrés rompus à marcher ou à crever, tout comme les réfugiés de guerre ayant subi ou donné la mort en sont une autre. Et la dilution du djihadisme, des théories de complot new Age et du populisme réactionnaire sous toutes ses formes à l’heure du world wide web ? Y-a-t-on pensé ?

Maintenant prenez notre jeunot, n’importe lequel, avec sa casquette sur l’oreille et du rap plein la tête et imaginez-le au naturel, dans une de ses positions fort probablement quotidiennes, ruminant encore et toujours le fait « que le système est dégueulasse (!) », alors qu’il se torche d’une main avec de la pure ouate et qu’il se masturbe de l’autre devant la plus belle salope d’un film de caïds… Si vous trouvez que je caricature, c’est que vous ne connaissez pas mieux les jeunes des quartiers que le plaisir de la douceur Lotus, que vous ignorez que Samsung, Apple et compagnie vous permettent de mater des films aux chiottes sans y déplacer votre télé, que vous devriez vous désabonner de la petite maison dans la prairie ou que, finalement, vous avez un problème avec la masturbation !

Parlons donc de notre jeune et de sa mauvaise réputation

Si je vous dis que l’uniformisation du gris, le désœuvrement lié à l’absence de génie social plus qu’au taux du chômage, en passant par la démission parentale et les barrières de génération […], ne peuvent que noircir le tableau que je suis en train de vous peindre… Certains me répondront sûrement :

« Oui ! Mais bon, faut pas cracher dans la soupe, maintenant on a tout c’qu’y faut, s’ils avaient à vivre la famine ou une bonne guerre… Ces p’tits cons ils comprendraient ! »…

Et bien oui, justement Messieurs’Dames… ! Ils comprendraient… tout comme vous !

Et, finalement, ni plus ni moins que chaque brave citoyen lorsque nos savantes nations sont rattrapées par la crise, le fascisme, la révolte ou la guerre. Malheureusement les perpétuelles répétitions de l’histoire nous menant de désuètes catastrophes en catastrophes plus sophistiquées, nous prouvent que Le Brave Citoyen Moyen reste incapable de réaliser qu’il est un ingrédient responsable de l’intelligence et de l’absurdité collectives ! Ce collectif sans contrôle, qui depuis des siècles n’a toujours pas pigé comment s’adapter au cycle de l’essor et du déclin sans massacrer le mental et les viscères de ses participants à chaque redescente ! Ah, la résilience ! Une mauvaise affaire selon l’Ego.

Autant dire finalement qu’il y a des chances, tout comme pour vous, que notre petit con ne comprenne rien de plus avec une guerre !

Aussi pour conclure votre idée, la seule chose que vous exprimiez en raisonnant ainsi est la suivante : « Quand un con est décadent, une bonne guerre ça lui r’donne le goût d’la vie et comme ça, y’peut r’partir comme en quarante ! »…

Et c’est bien là tout le problème… Ruminez ça à tête reposée !

Revenons maintenant à notre polémique sur les décisions relatives au traitement de la délinquance et de la récidive :

Partons donc de ces deux principes intéressants, l’un populaire qui consiste à résoudre le mal par le mal, et l’autre constitutionnel qui entend le régler par la lourdeur des sanctions d’une justice de bien (ou tout du moins qui possède les lauriers de la bonne conscience) :

Lorsque vous pratiquez ces méthodes, il apparaît comme évident que vous vous adressez directement aux penchants négatifs du sujet, à moins bien sûr que vous soyez suffisamment sage pour chanter les louanges et les bons côtés d’un type, pendant que vous lui cognez dessus pour corriger ses crimes, ce qui n’est pas le cas pour la justice en général, ni pour une sanction collective par la guerre !

 

Soulignons aussi qu’en pratiquant ces rigides méthodes de la sanction physique immédiate ou celle, différée de la peine judiciaire, vous entrez en opposition avec le sujet, à moins encore que vous ne soyez assez souple et rapide pour absorber sa violence tout en fusionnant physiquement ou mentalement avec lui ! « Hé oui ça existe ! » Cela se nomme le juste combat du maître, le bandeau d’Artémis, la reconnaissance de la banalité du mal, ou plus simplement un échange pédagogique. Une façon efficace de résoudre un conflit, bien meilleur que la méthode classique consistant à acheter, à conditionner, à enfermer ou à massacrer celui qui en souffre. Mais une fois encore, ce n’est pas le cas de vos fantasmes justiciers, ce n’est pas le cas de notre justice, de ces sanctions pénales, de son univers carcéral.

Ainsi, vous vous retrouvez donc à ne pas fusionner (mode de la multiplication), mais à opposer (mode de l’addition) vos propres convictions, sanctions et énergies aux énergies négatives de votre emmerdeur. C’est à ce stade, que vous vous retrouvez devant deux possibilités :

Soit vous additionnez du négatif à du négatif et vous obtenez beaucoup de négatif : Telles sont les réponses de l’orgueil, du déterminisme et du totalitarisme. Et vous obtenez ainsi l’escalade de la violence, les périodes sanguinaires de l’histoire, la guerre des gangs, la vendetta, la révolution par le sang, la loi du talion, le pacte de la colère…

Soit vous additionnez du positif à du négatif et vous obtenez le roulement de tambour du meilleur qui gagne : C’est l’éternel jeu du gendarme et du voleur, le jeu des prisons pleines à craquer, le jeu du coche contre la mouche ! Un jeu dangereux qui trouve son équilibre dans la course à l’armement, un jeu qui semble de plus en plus absurde depuis que l’on se demande si la corruption républicaine et le mensonge démocratique n’ont pas littéralement inversé le signe positif de la justice !

Moralité de l’histoire, Mesdames, Messieurs : il est plus facile de jouer du tambour policier et du pipeau social que de donner le bon exemple ! Ainsi, le gouvernement que vous venez d’élire sera assurément plus ferme que son prédécesseur, mais pas moins corrompu ! Tout comme beaucoup d’autres modèles de notre histoire, qui, tout indice de tolérance confondu, ont en commun leurs bases et le fait qu’ils soient voués à l’échec ou à votre sacrifice. Aussi nous sommes tous assurés que notre président fera ce qu’il faut pour que des chiffres confirment sa rigueur, mais il est moins sûr qu’il puisse faire durer ces résultats et il est probablement absurde qu’il puisse résoudre le problème du mal de vivre et de la dérive de la jeunesse avec des méthodes séniles qui n’ont jamais réussi à faire leurs preuves.

 

Si vous commencez à vous demander comment des types aussi intelligents peuvent reproduire pendant aussi longtemps des méthodes inefficaces, c’est que vous n’êtes pas encore conscients de l’état de corruption de notre monde et qu’il y a une question, sûrement absurde, que vous devriez quand même vous poser :

« Le contrôle de la criminalité est-il devenu un business entre les cartels et les dirigeants ?

Et si guérir le problème à la racine en s’attaquant  au commerce de l’ignorance et des vices en tous genres, à la dérive de l’offre et de la demande  et au mensonge collectif, ne faisait pas partie des plans de ceux qui nous gouvernent et surtout des lobbies qui les gouvernent ? »

Autres questions dérangeantes :

Pourquoi l’art de vivre, alors qu’il est en tout point compatible à la discipline, ne semble pas même un mot prononçable en matière d’univers carcéral ?

Pourquoi les nombreux rapports et travaux sur le caractère criminogène des prisons ont-ils moins de place dans les programmations des médias les plus populaires, que ne l’aurait un simple fait divers d’une fin d’hiver ?

Pourquoi les espaces verts et les animaux ne sont-ils pas employés pour l’équilibre des détenus, alors que la méthode a largement fait ses preuves ?

Pourquoi l’administration des prisons favorise-t-elle les salles de culture du muscle et de l’hormone et la télévision, plutôt que la souplesse d’un entraînement polyvalent, l’apprentissage de la maîtrise de soi par le « taiji-quan » (par exemple), la désintoxication (par l’absence de télé) des images de violence, de sexe, de drogue, de crime, de pub et autres produits de la sous-culture, qui envahissent la psyché de tous les désaxés du monde ?

 

… Faites votre fromage !

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